15. CONNAISSANCES ET ATTITUDES DES FIANCES FACE À LA DREPANOCYTOSE ET AU DÉPISTAGE PRÉNUPIAL DANS LA VILLE DE KIKWIT
La drépanocytose est une maladie héréditaire endémique dans plusieurs régions du monde, notamment en RD Congo. À Kikwit, dans la province du Kwilu, elle constitue un enjeu majeur de santé publique : environ 2 % des nouveau-nés sont atteints et près de 25 % de la population est porteuse du gène responsable. Malgré l’existence de moyens de prévention tels que le dépistage prénuptial, la sensibilisation reste faible et les croyances socioculturelles constituent un frein à l’adoption de pratiques préventives. L’objectif principal de cette étude était double : évaluer le niveau de connaissances des fiancés sur la drépanocytose et décrire leurs attitudes face au dépistage prénuptial. Il s’agit d’une étude transversale, de type descriptif et analytique menée auprès de 403 fiancés de la ville de Kikwit. L’échantillonnage a été en réseau. Les données ont été recueillies à l’aide d’un questionnaire standardisé validé par l’équipe d’encadrement et soumis à un pré-test. Les variables sociodémographiques (âge, sexe, niveau d’éducation, statut socio-économique) et les niveaux de connaissance ont été croisés avec la pratique du dépistage prénuptial. L’analyse statistique a utilisé le test du Khi-deux avec un seuil de signification fixé à 5 %. Les résultats ont montré que 75,4 % des fiancés ont entendu parler de la drépanocytose, mais seuls 18,9 % ont su qu’elle est héréditaire et 17,6 % ont eu connaissance de ses modes de transmission. En revanche, 84,6 % ont reconnu les symptômes (crises douloureuses et anémie). Le niveau global de connaissance était moyen (47,4 %). Concernant les attitudes, 51,1 % jugent le dépistage nécessaire avant mariage, 50,1 % se disent prêts à le réaliser et 63,5 % accepteraient une demande du fiancé(e). Toutefois, seuls 27 % ont déjà eu recours au dépistage prénuptial, traduisant une pratique marginale. L’analyse bi-variée révèle que les caractéristiques sociodémographiques et le niveau de connaissance influencent significativement la pratique du dépistage (p-value = 0,000 < 0,05). Cette étude a mis en évidence un écart entre attitudes relativement favorables et pratique réelle du dépistage prénuptial. Elle confirme que la faible connaissance du caractère héréditaire de la drépanocytose et les obstacles socio-économiques limitent l’adoption de comportements préventifs. Il est recommandé de renforcer les campagnes de sensibilisation, d’améliorer l’accessibilité des services de dépistage et d’impliquer les leaders communautaires et religieux afin de lever les tabous culturels et favoriser une meilleure prévention. Sickle cell disease is a hereditary condition endemic in several regions of the world, notably in the Democratic Republic of Congo. In Kikwit, within Kwilu Province, it represents a major public health challenge: about 2% of newborns are affected and nearly 25% of the population carries the responsible gene. Despite the availability of preventive measures such as premarital screening, awareness remains low and sociocultural beliefs act as barriers to the adoption of preventive practices. The main objective of this study was twofold: to assess the level of knowledge of engaged couples about sickle cell disease and to describe their attitudes toward premarital screening. This was a cross-sectional descriptive and analytical study conducted among 403 fiancés in the city of Kikwit. Sampling was network-based. Data were collected using a standardized questionnaire validated by the supervisory team and pre-tested. Sociodemographic variables (age, sex, level of education, socio-economic status) and levels of knowledge were cross-tabulated with the practice of premarital screening. Statistical analysis employed the Chi-square test with a significance threshold set at 5%. Findings revealed that 75.4% of respondents had heard of sickle cell disease, but only 18.9% knew it was hereditary and 17.6% understood its modes of transmission. Conversely, 84.6% recognized the symptoms (pain crises and chronic anemia). The overall level of knowledge was average (47.4%). Regarding attitudes, 51.1% considered premarital screening necessary, 50.1% expressed readiness to undergo it, and 63.5% would accept a request from their fiancé(e). However, only 27% had actually undergone premarital screening, indicating marginal practice. Bivariate analysis showed that sociodemographic characteristics and knowledge levels significantly influenced screening practices (p-value = 0.000 < 0.05). This study highlights a gap between relatively favorable attitudes and the actual practice of premarital screening. It confirms that limited knowledge of the hereditary nature of sickle cell disease and socio-economic barriers restrict the adoption of preventive behaviors. Strengthening awareness campaigns, improving access to screening services, and involving community and religious leaders are recommended to break cultural taboos and promote better prevention.
Citer cet article
SOULIER NZOMOSI, GEORGES; MUYAYA NGEYUM, DESTY; MPONA MINGA, MISHAMA; IYOMBE ENGEMBE, JEAN-PAUL. 2026. 15. CONNAISSANCES ET ATTITUDES DES FIANCES FACE À LA DREPANOCYTOSE ET AU DÉPISTAGE PRÉNUPIAL DANS LA VILLE DE KIKWIT. Revue Internationale du Marketing et Management Stratégique. https://africanscientificindex.com/articles/revue-internationale-du-marketing-et-management-strategique-15-connaissances-et-attitudes-des-fiances-face-a-la-drepanocytose-et-au-depistage-prenupial-dans-la-ville-de-kikwit
Revue Internationale du Marketing et Management Stratégique (2026)
DOI: 10.34874/PRSM.rimms-vol8iss1.67857
Source
Notice indexée sur African Scientific Index · 2026-10-27 · Source d’origine.
Déposant et vérification bibliographique : non renseignés.
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